Le syndrome de l’imposteuse
Le syndrome de l’imposteuse

Le syndrome de l’imposteuse

Le syndrome de l’imposteuse

D’après le Larousse, le féminin n’existe pas, on parlerait d’imposteur même pour une femme. Une recherche rapide me montre des occurrences à impostrice comme à imposteuse et à vrai dire, même si je n’avais rien trouvé, je l’aurai féminisé quand même. Pourquoi ?

  • Parce que ça va énerver des gens du type que j’ai envie d’énerver. Je profite d’ailleurs de ce passage pour faire une mise en garde : si je ne pratique pas encore l’écriture inclusive permanente, j’aime l’idée de cette réflexion et comme je suis ici chez moi, j’entends bien faire ce que je veux. A commencer donc par inclure le féminin et m’asseoir sur « le masculin l’emporte » quitte à maltraiter un français inventé par de pauvres types qui jouent constamment à qui pissent le plus loin.
  • Ensuite, parce que douter de ses compétences et de son intelligence semblent une pratique bien plus féminine que masculine. Je dis ça d’après une étude au doigt mouillé mais je fais le pari que les Internets fourmillent d’articles plus sérieux en ce sens. Si on s’en tient à une observation empirique, il n’y a qu’à compter le nombre de types incompétents occupants des postes de pouvoir, en politique comme dans les métiers créatifs… Bref.

Le syndrome de l’impostrice, j’ai bien l’impression d’en être atteinte. Un exemple ? J’ai créé la catégorie « Lu, vu, écouté » avec l’ambition de parler des objets culturels que j’aime, à mesure que je les découvre. C’était l’une des idées à l’origine du désir de création de ce site. En ce moment, je lis pas mal de littérature ado et je pensais avoir des choses à dire. Sauf que du coup, j’ai aussi commencé à regarder les sites existants, et les critiques sur Babelio… Et bien me voilà paralysée : entre celles1 qui ont une connaissance large de la littérature jeunesse, celles qui lisent beaucoup et depuis longtemps et ont donc le truc pour écrire une critique, je n’ose pas me lancer ! Je ne suis même plus sûre de penser ce que je pense alors de là à me sentir légitime pour en écrire quelque chose ! J’avais pourtant dès le début imaginer que je n’écrirais que sur ce que j’aime. Mais j’ai peur de manquer de références et que du coup, mon avis tombe à plat.

Cela dit, comme je ne savais pas faire un site internet et qu’il semblerait que je l’ai fait quand même, comme j’ai fait ma première direction d’écriture en me demandant à quel moment mes collègues, supérieurs et scénaristes allaient se rendre compte que je n’avais rien à faire là et que ce jour n’est pas arrivé, comme écrire sur des choses qu’on aime, c’est tout de même très agréable, je vais très probablement réussir à surmonter ce sentiment. Peut-être pas ce soir, mais bientôt.

  1. Pour le coup, je le mets au féminin car comme le dit si bien Clémentine Beauvais en ouverture de son Ecrire comme une abeille, les lectrices sont essentiellement des lectrices, les autrices de blogs aussi… ↩︎

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