L'autrice et la matière
Qui suis-je

Qui suis-je

Je m’appelle Sophie Lodwitz. Je suis née l’année de la sortie d’E.T. et de Thriller mais il ne me semble pas que ça ait eu un impact sur la suite. En revanche, le fait d’être née à Colmar, Haut-Rhin, de parents instituteurs aimants en a probablement un. Je ne rentrerai pourtant pas dans le détail ici, d’autant moins que je n’ai pas fait d’étude de sociologie.

Je crois que j’ai toujours su que je voulais raconter des histoires mais que je l’ai longtemps caché. Pour deux raisons majeures :

  • D’où je viens, ce n’était pas vraiment un métier. A la limite, un coup de bol ou un passe-temps, mais pas un plan de carrière.
  • Une certaine propension à douter du fait d’avoir le droit de. Et alors le talent, n’en parlons pas…

J’ai donc un peu tourné autour du pot. Avec le recul, je le vois pourtant bien, le pot. La passion pour les bibliothèques, le souvenir de la rédaction lue à toute la classe par le professeur en 5e, les piles de magazines sur l’écriture de scénario, les petites scènettes dans la marge au lycée avec ma copine Marjorie etc. Comme romancière semblait vraiment trop loin, je me suis approchée du cinéma. Au moins, ça s’apprend, c’est une industrie, il semble y avoir un cadre. Poussée par mes parents (et puis c’est un fait, j’aimais bien les maths), j’ai tout de même passer un BAC S (pour scientifique, à l’époque), puis je suis partie en fac de lettres avec un projet flou.

Après 5 ans à gommer mon accent alsacien pour que les Lorrains chez qui j’avais atterrit me foutent la paix, j’étais prête1 pour ma lancer à l’assaut de la capitale. Je suis arrivée comme assistante de production stagiaire. Je vous passe les détails, ça a duré 3 petites années, pendant lesquelles j’ai réussi à grimper les échelons, passant allègrement de 300€/mois à un SMIC déclaré mais pas payé, puis carrément payé, avec supplément ticket restaurant obtenu de haute lutte. D’un point de vue immobilier, j’avais bien avancé aussi puisque j’étais passée d’une chambre en foyer de jeune travailleurs à une chambre dans un chouette appartement partagé avec des bons ami·es.

Mais un jour, alors que j’empruntais ce chemin tout tracé vers la bourgeoisie, j’ai craqué. Je crois bien que je pleurais mais je l’ai dit :

NON MAIS MOI EN FAIT CE QUE JE VEUX VRAIMENT, C’EST ECRIRE !!!

Mes employeurs de l’époque n’ont pas cherché à me retenir. Je crois que ça en dit long sur mes qualités d’assistante de production. Mais probablement aussi sur l’évidence de la décision. Et si j’osais, puisque je leur avais faite lire des chose2s à moi, peut-être un peu sur le fait que c’était pas si bête, comme idée.

J’ai donc fait une formation courte en scénario. Puis j’ai écrit un long métrage avec un réalisateur. Nos producteurs n’ont pas trouvé de financement, le film ne s’est pas fait. Je suis retournée faire caissière à Décathlon et j’ai commencé à trouver un peu de travail dans l’écriture de scénario de dessins animés pour la télévision. J’ai fini par voir que les gens du secteur étaient sympas et qu’il y avait du travail et petit à petit, j’ai fait ma place dans ce domaine. C’est aujourd’hui ce qui me permet de gagner ma vie – je ne vous fais pas le détail ici, tout est sur mon LinkedIN.

Mais moi ce que j’aimerais encore plus, c’est « faire de la littérature » !!!

Le scénario, c’est super. Ecrire pour les enfants, c’est vraiment chouette. Mais dans l’écriture scénaristique, on écrit pour créer des images. En s’appuyant sur la dramaturgie, on ordonne des séquences réalisées ou animées par d’autres. Ce travail est super mais il ne me suffit pas tout à fait. Je veux chercher les jolis mots, jouer avec les constructions grammaticales , je veux taper des kilomètres de lettres en laissant parfois la dramaturgie de côté, je veux être dans les personnages… je veux participer au plaisir de la lecture. Alors en sortant du confinement, je me suis (re)lancée en littérature en m’inscrivant à la formation l’Atelier Romanesque de Mille Sabord. Je viens de finir ma V1, je travaille à ma V2.

Ouvrir ce blog en 2024, c’est pour accompagner ces écritures.
C’est pour écrire quand je n’écris pas. Ou quand je crois que je n’écris pas.

C’est pour oser faire lire et être lue en dehors de mon travail
C’est aussi faire un pas en dehors des réseaux, pour correspondre mieux à mon rythme.

Soyez les bienvenues.

  1. Pas du tout. ↩︎
  2. Voir Les hanches larges ↩︎