Les hanches larges – Préambule
Les hanches larges – Préambule

Les hanches larges – Préambule

Avant toute chose

Avant de me lancer dans la publication de ce texte ancien, il me faut en préciser l’origine et la nature.

J’ai commencé à écrire Les hanches larges sur un blog du même nom sur la plateforme MaBulle en 2007.

Un garçon m’avait brisé le coeur menu après 4 mois d’une histoire que j’avais imaginée bien plus longue. Le garçon avait d’excellentes raisons, vous en conviendrez probablement. Par exemple, je porte des chansons en intérieur. Autre point : je n’étais pas assez moteur (à ma décharge, je venais d’arriver dans la capitale, je comprenais pas grand chose, tout était immense et je gagnais 300€ / mois…). Enfin, il culpabilisait de penser qu’il était plus intelligent que moi. Pauvre chéri ! Je ne peux qu’imaginer à quel point ce sentiment de supériorité doublé de culpabilité devait être difficile à vivre ! En plus, bien sûr, ça l’empêchait de tomber amoureux de moi. A l’époque, je ne savais pas finir les choses, surtout ce genre là, et nous avons continué de nous voir malgré cette séparation. Ce n’était pas que de ma faute, lui-même avait changé d’avis un mois après m’avoir quittée et le trottoir devant mon foyer de jeunes travailleurs avaient accueilli sa prose. Alors qu’il entamait une reconversion d’assistant camera à dessinateur BD, je me suis mise en tête de lui montrer que moi aussi je savais faire des choses (entre temps, j’avais aussi développé un carnet d’adresse des bars servant les pintes au meilleurs tarifs pour alimenter le moteur !) J’ai donc commencé à écrire cette « nouvelle ». Figurez-vous qu’il a en effet été surpris : il n’avait pas imaginé que je puisse être capable d’écrire comme ça. Avec le recul évidemment, tout cela est relativement insultant. A l’époque, ça m’encourageait…

Parallèlement à cette histoire, j’ai rencontré un autre garçon. Je me souviens parfaitement avoir pensé la première fois que j’ai posé les yeux sur ce doux spécimen : « zut, ce garçon va compter pour moi et je suis pas prête ». J’avais vu doublement juste : j’ai fait de la merde (beaucoup) mais il compte toujours. Il porte même des chaussons à côté de moi alors que l’autre est allé étaler son intelligence ailleurs. Il m’aura laisser quelques souvenirs (bons et mauvais), l’idée amusée d’avoir été le moteur de mon coming-out d’écriture et la conviction que s’il ne m’avait pas brisé le coeur menu,

  • 1. Je n’aurai pas pris le chemin de l’écriture si tôt (c’est relatif mais j’insiste !)
  • 2. On ne serait de toute façon plus ensemble car j’aurai quand même fini par prendre ce chemin, mettant probablement à mal son égo légèrement enflé.

Mais laissons à présent ce garçon de côté. J’ai travaillé ce qui est devenu une grosse nouvelle jusqu’en 2011. Je l’ai envoyé à plusieurs éditeurs et ai obtenu une jolie collection de lettres de refus. Un éditeur du Cherche-Midi s’est toutefois montré intéressé mais il fallait que je retravaille le texte qui était à la fois trop long pour une nouvelle et trop court pour un roman. Et franchement améliorable. Nous avons fait quelques rendez-vous dont un qui m’aura laissé profondément mal à l’aise. J’ai tenté de reprendre le texte, mon père est mort alors qu’il n’aurait pas dû, ajoutant le deuil aux autres embûches qu’étaient le manque de confiance en moi et la nécessité d’avoir un travail alimentaire. D’après le dossier sur mon ordinateur, mes dernières tentatives de reprendre ce récit remonte à 2013. Je crois aujourd’hui qu’il s’agit d’un texte d’un autre temps et je ne me vois plus retravailler cette histoire. Elle appartient en quelque sorte au passé. J’ai de la tendresse pour Les hanches larges, elles sont le berceau de quelque chose, un premier pas vers une affirmation de soi. Je crois que tout n’est pas à jeter. On pourra s’amuser à commenter. Je choisis de publier ici la version de 2011 car après je crois que rien n’est terminé.

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